Sur prescriptions muséales

Envisager l’art, la musique pour leurs fonctions thérapeutiques

Sur prescriptions muséales associe art, bien-être et santé, selon La Ville de Bruxelles. C’est en envisageant l’art pour sa fonction thérapeutique que ce projet met en relation patient.e.s, médecins et musées bruxellois.

Avec un focus sur le musée BELvue et le musée du Coudenberg, CAP et sa présidente Pascale Bach ont été sollicités pour créer sur mesure et sur base des lieux artistiques existants, des espaces culturels de bien-être adaptés au mieux aux besoins de patient.e.s sous prescription. 

Les effets de la musique sur les êtres ont été remarqués et ont inspiré l’équipe de CAP qui a aujourd’hui établi une collaboration durable avec le musicien Mika de Preter. Le travail du visuel est également mis en exergue avec le réalisateur Romuald Thomas et sa création ci-dessous. 

Prescriptions muséales est fidèle aux recherches de correspondances de CAP 

 

Mika de Preter : percussionniste, batteur et joueur de hang 

« Passionné de musique depuis mon plus jeune âge, je prends des cours de batterie dès mes 10 ans et en joue depuis lors. La pratique de cet instrument me permet de m’épanouir, de m’exprimer et de me stimuler. La musique me remplit de joie chaque jour et c’est quelque chose que j’aime par-dessus tout partager avec mon entourage. La pratique de la batterie m’a notamment fort accompagné dans mon adolescence, m’a permis de me redonner confiance en moi et m’a permis de découvrir la personne que je suis aujourd’hui : une personne qui aime donner, faire ressentir et procurer du bien. C’est dans cette optique que j’ai d’abord fait mes armes dans quelques groupes de funk, de rock, de pop, car ce qui me plaisait avant tout était le partage de ma joie et de mes émotions.

Après un Bachelier en performance de musiques contemporaines à l’ACM en Angleterre, j’ai eu l’opportunité de voyager et de découvrir une pléthore de traditions percussives des quatre coins du monde. Qu’elles soient cubaines, sénégalaises ou européennes, je n’ai cessé de m’intéresser au son, à la percussion et aux différentes ambiances sonores qui peuvent être créées par un des mouvements les plus primitif. C’est tout naturellement que ma route a croisé celle du hang, et que son potentiel sonore m’a ébloui. Et lorsque Pascale Bach est rentrée en contact avec moi dans le cadre de ce projet, cet instrument nous a semblé comme une évidence. Combiné avec mon intérêt pour les vertus thérapeutiques de la pratique musicale, c’est avec beaucoup de reconnaissance et d’envie que je me fais une joie de me joindre à ce beau projet des prescriptions muséales » (Mika de Preter, 2024).

 

Le hang comme outil thérapeutique

La musicothérapie est un outil de plus en plus utilisé par les thérapeutes dans le but d’améliorer les quotidiens de personnes souffrants de troubles mentaux. Que ce soit par l’utilisation d’un instrument ou de par l’écoute de musique, cette forme d’art possède bien des vertus. La musique est avant tout une forme d’expression, et qui peut donc être exprimée de différentes façons ! La vitesse, l’intensité, le volume, le type de son ou de mélodies peuvent être disposés, arrangés et joués de façon à s’adapter au contexte et aux besoins de tout un chacun. Quel impact sur nos comportements ?

Le hang, c’est quoi ?

Le hang est un instrument suisse, relativement récent (1976) et inspiré du steel drum, percussion typique des îles caribéennes. C’est un instrument percussif composé de deux dômes métalliques superposés, créant une caisse qui entre en résonnance lorsque le dôme supérieur est joué par le musicien. Il est notamment caractérisé par sa forme particulière (similaire à celle d’une soucoupe volante) ainsi que par les sons englobants qu’il produit.  L’instrument est transportable par une personne, relativement léger et n’est pas un instrument bruyant qui nécessiterait une protection auditive. Le son du hang est percussif, certes, mais ce n’en est pourtant pas qualité principale. Le hang est avant tout un instrument mélodique, ou les notes sont atteintes par le tapotement et/ou la frappe de petites zones sur le dôme supérieur de l’instrument. Le son produit est englobant et résonant sans être démesuré, apaisant et relaxant sans être ennuyeux. Il est également accessible à la découverte car il ne nécessite pas l’apprentissage de techniques compliquées.

Le son du hang décrit plus tôt est donc tout trouvé pour un contexte thérapeutique. Sa douceur fait ressentir une sensation de plénitude, de relaxation immergée dans des ondes sonores qui nous englobent de la tête aux pieds. Un autre avantage du hang est que, du fait de sa méthode de construction, il est incapable de produire de fausses notes ! N’importe quel enchainement de notes sonnera donc harmonieux et agréable, contribuant à une expérience sonore totalement immersive.

Le hang comme accompagnateur muséal

Dans le cadre de ces visites muséales, le hang sera tel un accompagnateur, sa présence se faisant ressentir tout aux longs des activités auxquelles prendront par les visiteurs. De pair avec Pascale Bach, le hang permettra de ponctuer de son des explications, des thèmes, des jeux, et servira également de voie via laquelle les visiteurs pourront exprimer des ressentis personnels. Le but d’introduire le hang dans cette expérience muséale, c’est de titiller les sens, d’apaiser, de permettre d’oser et de comprendre, sans pour autant être envahissant.

Pour entrer dans des détails plus spécifiques, le hang servira ici à donner des voix. Par exemple, pour parler des différentes catégories de personnes ayant eu le droit de vote en Belgique. Les visiteurs pourront créer des liens entre les sons entendus et les différentes catégories de votants, qui joués les uns après les autres, créeront des mélodies au fil de l’Histoire du droit de vote en Belgique. Le timbre de certaines notes sera choisi en fonction du caractère que l’on veut donner à différentes voix, et les mélodies en découlant serviront à appuyer des ambiances et des messages. Le hang servira aussi comme outil de partage et d’expression pour les visiteurs. De par le jeu de certaines notes, il rythmera la visite et il aidera les visiteurs à parler, à s’identifier, à penser et à réfléchir, tout cela afin de créer un espace d’échange, basé sur la bienveillance, le partage et la découverte. De plus, la présence de cet instrument dès le départ de la visite donnera permettra aux visiteurs de se familiariser avec le son de l’instrument comme faisant partie de l’équipe de guides à part entière.

Il ne faut évidemment pas nier le fait que l’instrument est joué par quelqu’un. Le musicien qui jouera du hang sera également présent pour épauler le/la guide dans la réalisation de mises en scènes. La présence du musicien pourra également permettre aux visiteurs de s’essayer au hang s’ils en ont envie, dans le respect de leur bien-être et encadrés adéquatement pour garantir une expérience positive.